Encore une fois ce soir, j'ai été victime d'un concept rural de la solidarité qui met la charge des pauvres à la charges d'autres pauvres.
Une de mes voisines s'est foulée la cheville en tombant dans un caniveau empierré et pentu qui fait aussi office de trottoir à Lormes.
Les témoins ont appelé les pompiers pour la secourir.
Aucun médecin n'a été contacté pour juger de l'importance de la blessure. La victime a été conduite d'office à l'hôpital d'Avallon (à 30 km) dans le camion des pompiers.
Une radio a été passée à l'hôpital d'Avallon. Une simple foulure a été constatée et on lui a dit de rentrer chez elle.
La victime arrivait à marcher en boîtant légèrement mais sans douleur excessive.
Elle se trouvait à Avallon abandonnée seule, dans la nuit et le froid de ce mardi 8 décembre vers 18 h. La personne étant sous tutelle, elle ne disposait d'aucun moyen de paiement pour régler les 60 kilomètres de taxi facturés pour rentrer à Lormes.
Elle me contacte 2 fois par téléphone pour me demander de venir la chercher à l'hôpital d'Avallon.
Je lui demande d'insister auprès de l'hôpital d'Avallon pour qu'ils assurent sont retour à Lormes en ambulance ou en taxi.
À son 3e appel téléphonique, je décide tout de même d'aller la chercher avec le camion de mon travail occasionnel. Il me reste mon réflexe d'humanité qui se refuse à abandonner quelqu'un la nuit dans le froid loin de chez lui au risque de tomber malade ou de rencontrer d'autres problèmes... attention humaine que le système de santé français semble avoir perdu au mépris de ses devoirs et du respect de l'être humain.
Compte tenu de mes très faîbles revenus à Lormes (env. 700 euros par mois dont moins de 250 € pour les dépenses courantes), j'utilise avec parcimonie le camion pour les tentatives désespérées de faire vivre mon autoentreprise (nullement rentable jusqu'à ce jour).
Il semble qu'à Lormes et sans doute dans beaucoup de campagnes on se sert inutilement des services d'intérêt collectif en rejetant sur les pauvres certains coûts occasionnés (et évitables).
- pourquoi un médecin n'est-il pas venu vérifier à Lormes la nécessité réelle de déplacer les pompiers jusqu'à l'hôpital d'Avallon, pourquoi ne pas utiliser une simple ambulance ou un taxi (pour une simple entorse) ?
- qu'arrivera-til le jour ou une urgence véritable (accident, incendie...) nécessitera vraiment l'intervention des pompiers alors qu'ils sont inutilement à Avallon, à 30 kilomètre du village de Lormes ?
C'est de l'irresponsabilité totale qui coûte à l'ensemble des français qui font subsister les campagnes par leurs impôts.
Bien sûr, la victime, dès le lendemain matin trottine dans les rues de Lormes sans béquilles ni pansement.
Le simple contrôle d'un médecin (ou d'un pharmacien) au lieu de l'équipe de pompiers et de leur camion aurait à mon sens au rait été plus judicieux pour prendre la bonne décision... je me suis personnellement déjà foulé 3 fois la cheville avec des suites bien plus douloureuses sans rien demander... attention aux trous et bosses dans nos campagnes.
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